Voila enfin le dernier épisode de l’aventure « Vieux peau et Cecile » au bout du monde!
Nous avons pris un bus à Katherine, pour nous rendre à Kununurra, dans les Kimberleys ! Or ce fut toute une aventure, car nous avons changé d’état, passant du territoire du Nord à
l’Australie-Occidentale ! Or dans cette dernière, aucune importation de fruits et légumes n’est permise (ils les produisent tous eux-mêmes), pour éviter l’apport de plantes invasives ou de
mouches du fruit (pas des drosophiles, des plus grosses encore plus immondes). Résultat, on passe par une douane, et on doit avoir consommé tous ses fruits et légumes sous peine de
confiscation... Et les gardes ne les prennent même pas pour eux, ils les jettent purement et simplement a la poubelle ! Nous nous sommes donc, a l’occasion d’un arrêt sur la route, bourré le
ventre de tomates et autres pommes !
En passant la frontière, nous avons été déçus dans nos attentes concernant l’heure de coucher su soleil. En effet, dans le
Territoire du Nord, il faisait nuit vers 18h15, ce qui est déjà assez tôt. En allant vers l’Ouest, nous avons commencé à nous réjouir en voyant que le soleil semblait se coucher à 19h00, ce qui
laisse plus de temps pour faire des choses la journée. Mais cette joie fut de courte durée, car en fait il nous a fallu changer d’heure, pour reculer… d’une heure et demi ! Résultat, le
soleil en Western Australia se couche à 17h30 ! Et se lève vers 5h30 le matin… Ils ne connaissent pas l’heure d’hiver ici !
Apres cette escale à la douane, plus de 6h de bus le long d’une route jolie mais plutôt monotone (nous n’avons pas croisé une
seule ville ou village ou maison en 6 heures.. surréaliste..) et deux films plus ou moins bien (les 4 fantastiques, nul nul nul, et Rasta Rocket, plaisant), nous sommes enfin arrivés sains et
sauf à Kununurra.
Nous redoutions beaucoup l’auberge de jeunesse après celle de Katherine, surtout que des filles m’avaient dit là-bas que c’était comme ca dans tout l’Outback australien, et que dans le Kimberley
ca risquait d’être un bouge infâme... Et bien… elles avaient tort ! C’était la meilleure auberge que j’ai vue pour l’instant ! Des chambres propres, des bons matelas, un patio très
sympathique (et paysagé !! C’est assez rare pour être noté !!), des patrons charmants, une cuisine ultra-moderne... Le parfait backpackers !! Papa était charmé aussi, c’est
dire !
Nous avons profité d’être dans une ville pour aller manger dans un restaurant chinois fort bon.
Le lendemain, nous nous sommes rendus de bonne heure à pied à l’aéroport de Kununurra pour prendre notre nouvelle voiture de
location. Sur le chemin, nous n’avons pu nous empêcher de remarquer la grande différence entre Katherine et Kununurra (5845 habitants), qui est proprette et charmante ! L’herbe y est verte,
il y a moins de gens qui trainent et ont l’air saouls, et il y a un superbe lac autour duquel marcher !
Son aéroport est très mignon, je n’en avais jamais vu d’aussi petit !! Il y a principalement des avions de tourisme pour survoler les attractions de la région, les Bungle Bungles et la mine
Argyle.
Nous y avons donc pris possession de notre nouveau bolide, un superbe 4x4 ! Heureusement que papa avait eu le tps de s’habituer aux voitures automatiques (à part pour les
essuie-glaces J ), parce que là il a du gérer le
tout-terrain !
Apres avoir fait des courses pour un régiment (il n’y a aucune façon de s’apprivoiser la ou nous nous rendions, donc comme nous
partions 4 jours, il fallait prévoir de la réserve !), nous sommes donc partis en direction des Bungle Bungles, dans le Purnululu (chapeau pointu !) National Park. Kununurra est la
ville la plus proche, mais comme vous l’aurez compris, ca ne veut rien dire, et nous avions encore 300 km d’« autoroute » (la « Great Northern Highway ») et 65 km de piste
avant d’arriver à destination !
La route était très belle, avec une
végétation différente du Territoire du Nord, en particulier par la présence « d’arbres bouteilles », sortes de Baobabs australiens.
Les longues routes droites d'Australie..
Attention... un tournant!!
Sur le chemin, des termitieres a la forme etrange..
La région du Kimberley est considérée comme la plus sauvage d’Australie. C’est en effet sa région
la moins peuplée. Elle couvre une surface de 424 517 km2 et a 38 000 habitants (1 habitant pour 11 km2 pr ceux qui auraient la flemme de calculer). Pour comparaison, c’est
plus grand que l’Allemagne (357 050 Km2) et l’Italie (301 225 Km2), et presque deux fois plus grand que la Grande-Bretagne (244 046 Km2). Seules trois villes y dépassent 2 000 habitants: Broome, Derby et Kununurra. Plus de la moitié de la population est d'origine
aborigène.
L'économie de la région est basée entièrement sur ses ressources naturelles (en dehors de l’art aborigène, florissant): la
culture perlière sur les côtes, mines de diamants d'Argyle et d'Ellendale (qui fournissent 1/3 des diamants du monde), pétrole extrait des champs pétrolifères de Blina (en attendant
l'exploitation du gaz), minerai de zinc et de plomb, agriculture près de Kununurra, culture de fruits près de Broome, élevage du bétail, aquaculture, pêche en mer, tourisme.
Le Kimberley est aussi la région la plus chaude d’Australie, avec des températures maximum presque toujours supérieures a 30
degrés, même l’hiver, et pouvant aller jusqu'à 40 en été.
N’étant pas partis très tôt, nous avons pu profiter de la magnificence du paysage de la piste au coucher du soleil (enfin J’ai pu en profiter, papa se concentrait heureusement sur sa conduite
périlleuse pendant que je prenais des photos J).
Nous sommes arrivés juste à temps au camping avant que la nuit ne tombe. Dans ce camping là, toujours en plein nature bien sur, il n’y avait pas d’eau ! Seulement des toilettes chimiques
(c’est toujours ca). On n’avait pas le droit de prelever du bois dans la nature, alors ils faisaient une livraison tous les jours et posaient des buches à coté du foyer ! Il n’y avait pas un
barbecue par emplacement, mais un pour 4 ou 5, ce qui a permis bcp de convivialité (surtout qu’il n’y avait que des australiens en vacances, alors en tant que français on faisait notre petit
effet !!). En plus on fascinait les enfants avec nos pommes de terre au feu dans du papier d’alu, pcq vu que les australiens sont très très bien équipés pour faire du camping, ils font en
général de la vraie cuisine, et pas des plats a l’arrache comme nous qui n’avions aucun équipement.
Les nuits ne furent pas des plus agréables, ca bien qu’il fasse très chaud dans la journée, le parc est en altitude et il a fait
vraiment très froid la nuit ! Pour preuve, le premier soir au coucher du soleil il faisait 12 degrés, le dernier matin en se levant il faisait 5 !! Quand on n’est pas équipés pour ca,
ca fait mal ! J’ai dormi avec trois pulls et mon sac de couchage, et j’étais toujours transie !
Pour vous faire une idée, le parc de Purnululu a une superficie de 239 723 ha et atteint une altitude de 578 m au dessus du
niveau de la mer. Il appartient au peuple aborigène Kija, qui le gère en partenariat avec le Ministère de la Nature. Il a été créé en 1987 et est inscrit au Patrimoine Mondial de l’Humanité
depuis 2003.
Sa majeure attraction est le massif très découpé des Bungle Bungles, composé de grès quartzique érodé pendant 20 millions
d’années. Il en reste un ensemble de tourelles et de cônes en forme de ruches aux flancs abrupts, à la surface orange striée de bandes horizontales gris foncé constituées de cyanobactéries
(organismes photosynthétiques unicellulaires). Ces exemples exceptionnels de karst à cônes de grès doivent leur existence et leur caractère unique à l’interaction de plusieurs phénomènes
géologiques, biologiques, climatiques et de l’érosion. Bizarrement, il a fallu un documentaire à la TV australienne a la fin des années 80 pour que ce site exceptionnel et unique au monde
devienne un parc national et commence à attirer des visiteurs.
Pour notre premier jour, nous avons commencé par deux petites ballades (1h - 1h30 aller-retour chacune) dans des canyons
superbes.
Le premier, Mini Palm Canyon, était, comme son nom l’indique, un canyon plein de palmiers ! C’était gigantesque, et très impressionnant !
Mais nous n’avions encore rien vu ! Nous nous sommes ensuite d’abord arrêtés a un beau point de vue, qui offrait une vue sur tout un escarpement.
Et ensuite, direction Echidna Chasm Canyon, gorge très profonde et étroite sans végétation, avec de superbes effets de lumière. Papa était déçu parce qu’il y avait des groupes de gens
qui empêchaient de prendre de bonnes photos, mais on a quand même trouvé que c’était superbe !
Après, pour des questions de stratégie, nous avons changé de camping. En effet, le parc a deux campings, un premier à l’est a proximité des deux ballades qu’on avait faites le matin, et le
deuxième à l’ouest avec deux autres ballades, dont une longue qu’on voulait faire le lendemain. Or ces campings étant au bout de pistes d’une quinzaine de km, mieux vaut ne pas avoir à faire tout
ce chemin le matin alors qu’on voulait commencer à marcher tôt à cause de la chaleur ! Nous nous sommes donc installés dans le camping de l’ouest, avant d’aller faire une courte ballade
avant le coucher du soleil. Et ca valait le détour ! Nous étions enfin dans les Bungle Bungles à proprement parler, avec les fameux dômes striés d’orange et de noir... Impressionnant !
On a beau voir des photos avant, on ne peut que rester béats admiration devant ces merveilles de la nature !
Nous avons donc vus ce soir la une gorge débouchant sur un beau lac intérieur, et malgré la lumière déclinante nous sommes
repartis éblouis, avec une grande hâte de faire la longue ballade le lendemain !
Le soir nous avons rencontré nos nouveaux voisins, dont un anglais avec qui papa s’est tout de suite entendu comme larron en foire, et ils ont parlé ensemble plus d’une heure ! Quand je vous
dis qu’il s’était vite amélioré en anglais !
Et le lendemain, c’était parti pour la grande ballade, 10 km (aller) au milieu des Dômes, avec 7 km jusqu’a la grande Piccaninny Gorge (qui fait 30 km de long, elle est censée se visiter en
plusieurs jours, mais faute de temps nous n’avons visité que ses 3 premiers km). Je crois que c’était une des plus belles ballades que j’ai jamais faite ! On pourrait croire qu’on se lasse
des dômes au bout d’un moment, mais je peux vous assurer que non ! L’émerveillement est sans cesse renouvelé ! En plus l’endroit est intact, on serait il y a des millions d’années ca
serait pareil. Pas un bruit, pas une personne, la Nature avec un grand N !
L’aller fut plus facile que le retour, car partis à 7h30, il faisait encore frais, alors qu’en revenant, sans aucune ombre et en pleine chaleur, c’était insoutenable ! Heureusement qu’on
avait assez d’eau (pas comme ma dernière fois au Kakadu J). La ballade était facile ou difficile par parties, car elle suivait
le lit de la rivière, parfois constitué de roches (facile), parfois de graviers (très fatiguant). La rivière doit être énorme à la saison humide, vu comme certaines roches sont creusées et les
arbres penchés !
A la saison seche, tout est tres aride, mais papa a quand meme trouvé le moyen de dégotter un petit trou d'eau, ou il s'est baigné!
Nous sommes enfin retournés au camping, à contrecœur, sachant que c’était la dernière fois qu’on voyait les dômes... sniff… En
tout cas la conclusion de tout ca est que ca valait vraiment le coup de faire autant de route pour venir jusqu'à la, c’était un endroit inoubliable !! Je le recommande à tous ceux qui
iraient en Australie ! Et s’ils ont le temps de rester plus dans les Kimberleys, je crois qu’il y a des milliards d’autres endroits fantastiques ! L’Australie telle qu’on en rêve avant
d’y aller !
Au camping, encore une soirée avec des autochtones, avec une dernière rencontre très instructive pour papa, qui pour l’instant n’avait rencontré que des australiens érudits et voyageurs :
des australiens « types », bourrés et beaufs ! Ils n’étaient pas méchants, mais pas très malins, et c’était marrant de voir papa accaparé par l’un d’eux et ne comprenant rien a son
fort accent aussie ! Comme ca il aura eu un panel varié d’autochtones !
Le lendemain, après une dernière nuit glacée, départ à 5h30 pour Kununurra (nous avions trouvé une technique le matin, qui était
de sauter du lit pr aller dans la voiture, en mettant les tentes en vrac sans vraiment les plier, et faire le chemin qu’on avait à faire (avec le chauffage bien sur) en attendant qu’il fasse un
peu plus chaud. Là on s’arrêtait et on prenait le petit dej, pliait les tentes... Ca a très bien marché, surtout avec moi qui sinon était tellement glacée que je n’arrivais à rien faire (mon
plus grand problème étant de sortir de mon sac de couchage, opération délicate qui me prenait au moins 20 minutes d’effort psychologiques pr me décider à m’aventurer dans le
froid !)
Voila pour illustration un petit dejeuner, ou je commencais a peine a me rechauffer, avec mes trois pulls!
On a a nouveau bien profité de la route, papa s'anusant avec le 4x4. De temps en temps, on croisait des vaches, qui sont tres tres belles dans cette region, avec des couleurs differents, des
oreilles pendantes et une bosse de chameau!
Un train de route", enoooormes camions qui evitent d'employer trop de chauffeurs sur ces tres longues distances, et qui font peur quand on les croise!
Retour sans encombre à Kununurra, ou nous avons retrouvé notre chère auberge et notre restau chinois. Avant nous avons profité du temps restant pour faire des lessives (très utile) et visiter un
« petit » parc qui se trouve dans Kununurra, et qui ressemble un peu à Purnululu, en plus petit. Il parait que les gens qui n’ont pas le tps d’aller au vrai vont la pour faire comme
si ! En tout cas c’est incroyable de penser qu’on est toujours dans la ville !
Et finalement, le dimanche 6 juillet, dernier jour de notre périple, nous avons pris un bus pour nous ramener tranquillement à
Darwin, 10 heures après (et en ne traversant qu’une ville, Katherine !). Le chauffeur a battu le record de films nuls (The Sentinel, Mr Bean en vacances (surtout ne le voyez pas !!!) et
Crocodile Dundee, qui nous a plu au début pcq ca se passe dans le Territoire du Nord et qu’on reconnaissait des endroits, mais en fait très vite il part à NY et alors c’est vraiment nul). Enfin,
arrivée à Darwin pour une nuit bien courte, puisque mon avion étant à 6h, nous avons du prendre une navette à 3h45... Papa a eu la gentillesse de m’accompagner (si c’est pas mignon !), avant
de passer la journée à Darwin puis de rentrer en France.
En bref, c’était vraiment deux semaines géniales, pleines de sites magnifiques, de soleil, de rencontres, de kangourous, et de fous rire, car il faut le dire, papa est un très bon compagnon de
voyage, on forme une excellente équipe et il m’a bien fait rire, en particulier en inventant des vies aux gens du camping, je sais de qui je tiens maintenant ! Une expérience
inoubliable !
THE END !
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